Bénin vs Kémi Séba : l'activiste panafricaniste arrêté à Pretoria, le Niger en embuscade
Une arrestation en route vers le Mozambique
L'étau s'est refermé sur Kémi Séba. L'activiste panafricaniste a été interpellé le mercredi 15 avril 2026 en Afrique du Sud, alors qu'il tentait de se rendre au Mozambique, avant d'être conduit devant la justice locale. Selon des sources concordantes, il a été présenté à une juridiction à Pretoria et placé en détention dans le cadre d'une procédure d'extradition vers le Bénin. Une audience décisive est prévue le 20 avril.
Le mandat d'arrêt lié au putsch du 7 décembre 2025
Cette arrestation est le fruit d'une longue traque internationale. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme du Bénin (CRIET) avait émis un mandat d'arrêt international le 12 décembre 2025, accusant Kémi Séba d'apologie de crimes contre la sûreté de l'État et d'incitation à la rébellion, avec intervention d'Interpol pour faciliter son arrestation et son extradition. Lors de la tentative de coup d'État du 7 décembre, l'activiste avait publiquement salué ce qu'il qualifiait de « jour de la libération » du Bénin, avant que l'armée ne reprenne le contrôle avec l'appui du Nigeria et de la France.
Un personnage au carrefour de plusieurs puissances
Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est une figure complexe et controversée. Après avoir pris position en faveur du Niger dans la crise avec le Bénin, il s'était installé à Niamey où il avait obtenu l'exil politique, un passeport diplomatique nigérien et le poste de conseiller spécial du général Tiani. Depuis cette base, il n'avait cessé de critiquer le régime de Patrice Talon. Il aurait exprimé le souhait d'être transféré vers le Niger plutôt qu'extradé au Bénin, tandis qu'une délégation béninoise se rendrait à Pretoria pour suivre la procédure.
Un dossier à fort enjeu diplomatique
L'audience du 20 avril sera décisive. La justice sud-africaine devra trancher entre les demandes béninoises d'extradition et les arguments de Séba, qui pourrait invoquer son statut diplomatique nigérien. Le bras de fer entre Cotonou désormais dirigé par le nouveau président Wadagni et Niamey, où la junte lui a accordé sa protection, se joue désormais sur le sol sud-africain.
Activiste, conseiller d'une junte, fugitif traqué par Interpol et désormais prisonnier à Pretoria. Le destin de Kémi Séba illustre à lui seul les tensions géopolitiques qui fracturent l'Afrique de l'Ouest. Le 20 avril dira de quel côté la balance penche.