L'Agence américaine du médicament (FDA) a accordé, lundi 2 novembre 2026, une approbation préliminaire à la première version générique du lénacapavir injectable, un traitement préventif contre le VIH administré seulement deux fois par an. Développé par le laboratoire indien Dr. Reddy's, ce générique sera vendu 40 dollars par personne et par an dans 120 pays à revenus faibles et intermédiaires, un prix comparable à celui des comprimés préventifs quotidiens.
Une avancée majeure pour l'accès aux pays pauvres
Le lénacapavir, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences, est considéré comme une avancée majeure dans la lutte contre le VIH. Lors des essais cliniques, il a offert une protection supérieure à 99 % contre l'infection, avec une efficacité particulièrement marquée chez les jeunes femmes en Afrique subsaharienne, où aucun cas d'infection n'a été observé dans le groupe testé. Son mode d'administration une injection tous les six mois élimine la contrainte de la prise quotidienne de comprimés, un obstacle majeur à l'efficacité des traitements préventifs existants.
Jusqu'à présent, la version originale de Gilead, commercialisée sous le nom de Yeztugo, était vendue environ 28 000 dollars par an aux États-Unis, un prix qui la rendait inaccessible dans les pays à revenus limités. Le générique de Dr. Reddy's, dont l'approbation est intervenue seulement 16 mois après celle du produit original, un délai record pour une innovation majeure contre le VIH change radicalement la donne.
Un déploiement progressif dès la fin 2026
Les premières doses du générique devraient atteindre certains pays avant la fin de l'année 2026, avec une disponibilité plus large en 2027. La Zambie devrait être l'un des premiers pays à recevoir les livraisons, potentiellement avant la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre. Plus de 125 000 personnes dans dix pays africains ont déjà commencé à recevoir le traitement original de Gilead dans le cadre de programmes pilotes.
Des obstacles persistants
Malgré cette avancée, plusieurs défis demeurent. Les 120 pays couverts par les licences volontaires de Gilead excluent certaines nations où l'épidémie progresse, notamment le Brésil, où une partie des essais cliniques a pourtant été menée. Par ailleurs, les pays doivent encore approuver le générique sur leur propre territoire, même si l'homologation de la FDA devrait accélérer les procédures.
La question du financement reste également cruciale. Carolyn Amole, responsable du programme VIH à la Clinton Health Access Initiative, résume : « Le travail n'est pas terminé. Maintenant, il nous faut les fonds pour l'acheter pour tous ceux qui en ont besoin, puis nous devons faire le travail difficile de l'acheminer vers les millions de personnes qui en ont besoin et qui le veulent ».