La prison centrale de Makala, à Kinshasa, accueille plus de 16 000 détenus pour une capacité initiale de 1 500 places. Face à cette surpopulation, le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé le 22 octobre 2026 de suspendre l'admission de nouveaux prisonniers dans cet établissement, sauf dérogation exceptionnelle d'ordre judiciaire. Selon les chiffres communiqués par les autorités, au moins 16 155 personnes étaient détenues à Makala, dont 303 femmes et 201 mineurs en conflit avec la loi.
Cette mesure intervient après une visite du ministre dans la prison, le 15 octobre, au cours de laquelle il avait annoncé plusieurs pistes de désengorgement. Parmi elles figurent l'évaluation médicale de détenus susceptibles de bénéficier d'une libération pour raisons humanitaires et l'accélération de l'examen des dossiers pouvant conduire à une remise en liberté. Plus de 11 000 personnes étaient alors en détention préventive, c'est-à-dire incarcérées dans l'attente de leur jugement. Le procureur général avait également identifié 108 détenus susceptibles de bénéficier d'une remise en liberté après examen de leur situation individuelle.
La suspension des nouvelles admissions constitue une mesure immédiate, mais son efficacité dépendra aussi de la mise en œuvre des libérations envisagées et de l'accélération des procédures judiciaires. Le gouvernement entend également favoriser les transfèrements vers d'autres établissements et améliorer les conditions de détention. Reste à savoir si ces décisions permettront de réduire durablement la population carcérale de Makala, dont la capacité initiale est aujourd'hui dépassée de plus de dix fois.