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Bref S.,
14 Jun 2026 à 08:43
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Le compte à rebours est lancé. Des mouvements nationalistes sud-africains ont fixé au 30 juin l'échéance pour le départ de tous les étrangers en situation irrégulière et la peur s'installe durablement dans les communautés de migrants à travers le pays. Le Nigeria, le Ghana et le Malawi ont déjà rapatrié des centaines de leurs ressortissants ces derniers jours, craignant pour leur sécurité après les violences.

Le terrain est déjà ensanglanté. À Mossel Bay, des violences anti-migrants ont fait deux morts mozambicains et forcé des centaines de personnes à fuir, leurs maisons incendiées, pillées, ou en cours d'occupation par des habitants locaux. Le phénomène prend même une tournure inter-ethnique préoccupante : 17 Sud-Africains parlant le tsonga, originaires du Limpopo, ont aussi été chassés de chez eux à Giyani, accusés de ne pas être de l'ethnie xhosa locale et un jeune Sud-Africain de 19 ans a été poignardé à mort la même nuit. 

Face à la pression, Ramaphosa marche sur une corde raide. Le 7 juin, le président a reconnu que de nombreux Sud-Africains soulevaient des "questions difficiles mais légitimes" sur l'immigration clandestine tout en mettant en garde contre toute tentative de justice populaire que les autorités ne tolèreraient pas. De son côté, il a aussi accusé certains groupes "d'exploiter les préoccupations du peuple sud-africain" pour "déstabiliser le pays", rejetant toute accusation de xénophobie d'État.

2008, 2015, 2021, et maintenant 2026 : les vagues xénophobes se répètent en Afrique du Sud, contrastant brutalement avec l'idéal panafricain selon lequel tout Africain devrait être chez lui partout sur le continent. 

Le 30 juin approche. Et personne ne sait ce qu'il se passera ensuite.

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