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Bref S.,
19 Mar 2026 à 10:58
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Le Maroc a gagné son deuxième titre de champion d'Afrique mardi soir. Mais dans quel état ! Deux mois après avoir perdu 1-0 sur le terrain contre le Sénégal, les Lions de l'Atlas récupèrent le trophée sur tapis vert suite à une décision du jury d'appel de la CAF. Et depuis, le Maroc se retrouve terriblement seul.

Seul contre tous

Même du côté marocain, ce sacre ne peut pas être vécu comme une véritable victoire. Le Maroc est aujourd'hui une des nations les plus structurées du continent, avec un projet sportif ambitieux, des infrastructures modernes, une formation performante et une reconnaissance internationale renforcée par des résultats marquants sur la scène mondiale ces dernières années. 

Dans ce contexte, récupérer un titre de cette manière ne peut qu'introduire un malaise, car une équipe de ce calibre n'a rien à gagner à être couronnée sans avoir triomphé sur le terrain. D'autant plus que l'organisation de la compétition avait été saluée de toutes parts, par les joueurs, les observateurs et les supporters, comme un modèle de réussite et de sérieux. 

Le Maroc est aujourd'hui l'un des rares pays d'Afrique, si ce n'est le seul, à trouver le jugement de la CAF normal. Partout ailleurs sur le continent, c'est l'incompréhension totale. Des fédérations aux médias en passant par les supporters, personne ne comprend comment une finale gagnée sur le terrain le 18 janvier peut être annulée le 17 mars.

La FRMF avance... seule

La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) semble avancer sans se soucier de cette adversité et sans se rendre compte du lien de confiance qui se fragilise encore plus. Dans son communiqué officiel, la fédération a indiqué que sa démarche n'a jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes engagées dans cette compétition, mais uniquement de demander l'application du règlement de la compétition.

Un argument juridique qui ne convainc personne. Car au-delà des articles 82 et 84 du règlement invoqués par la CAF, c'est toute la crédibilité du football africain qui vient d'être dynamitée.

La CAF a ridiculisé l'Afrique

Cette décision réactive immédiatement des décennies de clichés qui collent au football africain et que beaucoup pensaient enfin en train de disparaître. Pendant longtemps, la CAN a été regardée avec condescendance par une partie du monde du football, moquée pour ses stades imparfaits, ses organisations parfois fragiles, ses arbitrages contestés, son manque de moyens et une supposée irrégularité de niveau. 

Pourtant, derrière ces critiques souvent injustes, il y avait une compétition vibrante, imprévisible, portée par une passion que peu d'autres tournois peuvent égaler.  Et là, d'un coup de tampon administratif, tout ce travail d'image est parti en fumée.

Un titre empoisonné

Le Maroc a techniquement gagné. Mais à quel prix ? Les joueurs marocains eux-mêmes n'ont pas célébré ce titre. Pas de fête, pas d'euphorie, juste un malaise général. Comment célébrer un trophée qu'on n'a pas soulevé sur le terrain ?

Le pays organisera la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal. Une vitrine mondiale. Mais ce titre sur tapis vert laissera une tache indélébile. Le Maroc voulait gagner pour prouver sa suprématie africaine. Il se retrouve champion, mais totalement isolé.

La FRMF peut brandir le règlement tant qu'elle veut. Sur le terrain diplomatique et sportif africain, le Maroc vient de perdre beaucoup, beaucoup plus qu'un match de football.


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