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Bref S.,
06 Aug 2026 à 12:44
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Le média sud-coréen JTBC vient de lâcher une bombe. Selon une enquête en cours, la Fédération sud-coréenne de football (KFA) aurait offert des « faveurs sexuelles » à des arbitres internationaux entre 2011 et 2014, notamment lors des rencontres qualificatives aux Jeux Olympiques et à la Coupe du Monde. Une partie seulement de l'enquête a été révélée, mais les premiers éléments sont déjà accablants.

Plus d'une douzaine d'arbitres visés

Selon les révélations de JTBC relayées par Korea Football News, la KFA aurait fourni des faveurs sexuelles à plus d'une douzaine d'arbitres étrangers lors de sept matchs en 2011. Ces rencontres incluaient notamment des matchs de qualification pour la Coupe du Monde. Un post sur Reddit confirme que les accusations portent sur des périodes allant jusqu'à la Coupe du Monde 2014 au Brésil et les Jeux Olympiques de 2012.

Les méthodes évoquées sont particulièrement sordides. L'enquête évoque des sessions payées dans des salons de massage et d'autres « joyeusetés » destinées à influer sur les décisions arbitrales. L'objectif était clair : acheter la bienveillance des officiels lors des matchs cruciaux pour la qualification de la sélection sud-coréenne.

Un contexte de corruption endémique

Ce scandale sexuel s'inscrit dans un contexte de corruption déjà bien documenté dans le football sud-coréen. En 2011, la K-League avait été secouée par un vaste scandale de matchs truqués impliquant plus de 50 joueurs ou anciens joueurs. L'ancien international Jang Hak-yong avait même écopé d'une interdiction à vie pour avoir tenté de corrompre un joueur afin qu'il prenne un carton rouge.

Mais le volet sexuel, révélé par JTBC, ajoute une dimension encore plus sombre. Car si les pots-de-vin financiers sont monnaie courante dans le football corrompu, l'utilisation systématique de la prostitution pour influencer l'arbitrage international relève d'une organisation criminelle de haut niveau.

Le parallèle avec la CONCACAF : un réseau mondial ?

L'utilisateur qui a révélé l'affaire établit un lien troublant avec un scandale similaire au sein de la CONCACAF, la confédération nord-américaine, centrale et caribéenne. Selon ces informations, un « circuit d'exploitation sexuelle dans l'arbitrage » aurait également été en vogue aux mêmes années au sein de la CONCACAF et même après. La FIFA aurait alors « vite fait de mettre le dossier sous le tapis ».

Ce parallèle est d'autant plus inquiétant qu'il laisse entrevoir un système globalisé de corruption sexuelle visant l'arbitrage international, et non des cas isolés. Si la KFA et la CONCACAF ont employé des méthodes similaires pour acheter les arbitres, il est légitime de se demander combien d'autres fédérations ont eu recours à ces pratiques et combien de qualifications ou de titres ont été influencés par ce type de corruption.

L'omerta de la FIFA

Le silence de la FIFA sur ces révélations est assourdissant. L'instance internationale, pourtant prompte à ouvrir des procédures disciplinaires contre des joueurs pour des gestes politiques ou des chants de supporters, semble hésiter à se saisir de ce dossier qui touche au cœur de l'intégrité du jeu.

L'histoire récente de la FIFA en matière de scandales sexuels et de corruption n'incite pas à l'optimisme. L'affaire du scandale de corruption de 2015, qui avait vu l'arrestation de plusieurs dirigeants de la CONCACAF et de la CONMEBOL, avait déjà révélé une culture de « corruption et d'avidité » au sein de l'organisation. Chuck Blazer, l'ancien secrétaire général de la CONCACAF, était devenu un informateur du FBI après avoir été accusé de fraude, de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale.

Ce qui reste à révéler

JTBC annonce que l'enquête n'est qu'à ses débuts. Seule une partie des faits a été rendue publique, et les révélations pourraient s'étendre à d'autres matchs, d'autres arbitres et d'autres fédérations. Les questions sont nombreuses :

- Quels arbitres exactement ont été ciblés ?

- Quels matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2014 ou les JO 2012 ont été influencés ?

- Des joueurs ou des dirigeants de la KFA étaient-ils au courant, voire impliqués dans l'organisation de ces « faveurs » ?

- La FIFA ouvrira-t-elle enfin une enquête indépendante ?

Le football sud-coréen, qui avait connu ses heures de gloire avec la demi-finale de la Coupe du Monde 2002, risque de voir son image irrémédiablement ternie. Et si l'enquête de JTBC confirme les liens avec la CONCACAF et d'autres confédérations, le scandale pourrait dépasser le simple cadre national pour devenir une crise existentielle pour l'arbitrage international.

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