Le président de la Confédération africaine de football fait face à une crise de confiance sans précédent. Plusieurs présidents de fédérations se positionnent pour lui succéder, mais attendent le signal de Gianni Infantino avant de passer à l'offensive.
Une perte de confiance généralisée
Selon une enquête du Guardian publiée le 13 octobre 2026, des responsables du football africain à travers le continent affirment avoir perdu confiance en Patrice Motsepe . Le point de rupture : l'annonce surprise, la semaine dernière, du retour de la CAN à un cycle biennal seulement dix mois après la décision de passer à un format quadriennal.
Le problème n'est pas tant le changement de format, largement soutenu en Afrique, que la manière dont il a été annoncé. La plupart des présidents de fédérations n'étaient pas au courant de l'intention de Motsepe avant qu'il ne soulève la question lors d'une conférence stratégique au Cap-Vert.
Quatre candidats en embuscade
Plusieurs noms circulent avec insistance pour succéder à Motsepe:
· Samuel Eto'o (Cameroun), président de la Fecafoot et membre du comité exécutif de la CAF
· Ahmed Yahya (Mauritanie), président de la FFRIM, qui a officiellement présenté son dossier de candidature au président mauritanien le 8 octobre
· Yacine Idriss Diallo (Côte d'Ivoire), président de la FIF
· Souleiman Waberi (Djibouti), membre du Conseil de la FIFA, visé par des accusations de détournement de fonds et de blanchiment qu'il nie
Selon le Guardian, ces rivaux potentiels chercheraient à obtenir l'approbation de Gianni Infantino avant de défier ouvertement Motsepe.
Infantino détient la clé
Les sources indiquent que Infantino pourrait détenir la clé du maintien de Motsepe. Le patron de la FIFA aurait pris ses distances après que Motsepe a permis à l'arbitre somalien Omar Artan refusé d'entrée aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026 d'officier lors de la Supercoupe d'Europe en août, un signe de rapprochement avec l'UEFA perçu comme préjudiciable.
Cependant, les relations se seraient améliorées ces dernières semaines, Infantino cherchant à consolider son soutien en Afrique.
Les gestes de Motsepe pour rallier les soutiens
Lors de la conférence au Cap-Vert, Motsepe a promis une distribution annuelle d'environ 700 000 dollars de la CAF à chaque association membre, soit une augmentation de 500 000 dollars . Il aurait également augmenté les paiements aux membres du comité exécutif pour leur participation aux réunions, de 150 à 350 dollars, et introduit un bonus annuel d'environ 8 000 dollars.
Ces gestes interviennent alors que les finances de la CAF suscitent des inquiétudes, notamment avec l'accord de diffusion signé avec IMG qui expire après la CAN 2027.
Un contexte déjà explosif
Motsepe a déjà confirmé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat lorsque son mandat expire en 2029 . Il a également promis le soutien « inconditionnel » de l'Afrique à la réélection d'Infantino en mars.
Mais l'option d'un départ anticipé est désormais sur la table. Les mécanismes statutaires de la CAF prévoient qu'une assemblée générale extraordinaire peut être convoquée sur demande écrite d'au moins deux tiers des membres du comité exécutif.
Une motion de censure en préparation?
Dès juillet 2026, des informations faisaient état d'une possible motion de censure contre Motsepe . Plusieurs membres du comité exécutif lui reprochaient sa méconnaissance du fonctionnement quotidien de l'institution, la longueur des réunions, et le fait qu'il s'adressait parfois aux présidents de fédération en utilisant simplement le nom de leur pays.
Un épisode récent a encore alimenté la contestation : Motsepe avait annoncé un passage de la CAN 2027 à 28 équipes, avant que la CAF ne démente officiellement.
Vers une escalade ?
L'organisation de la CAN 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda suscite également des doutes, deux des trois pays étant jugés en retard dans les préparatifs . Certaines sources prédisent que le tournoi pourrait être repoussé à Noël et au nouvel an, ce qui perturberait gravement le calendrier des clubs européens.
Pour l'heure, Motsepe conserve des appuis, notamment en Afrique australe et dans certaines parties de l'Afrique de l'Ouest . Mais son maintien à la tête de la CAF n'a jamais semblé aussi fragile.