Quand la crise sanitaire mondiale paralyse les chaînes d'approvisionnement en 2020, Sothema ne se résigne pas à attendre. Le laboratoire pharmaceutique marocain, sous la direction déterminée de Lamia Tazi, active ses lignes de production pour fabriquer localement des médicaments essentiels contre le Covid-19. Pas de communication tonitruante, pas de contrats juteux avec les puissances occidentales : juste une femme entrepreneur qui comprend que l'Afrique ne peut pas dépendre éternellement des importations. Ce moment de crise devient le tremplin d'une ambition bien plus large : transformer Sothema en leader pharmaceutique continental.
De Casablanca à Dakar : construire la confiance
L'expansion africaine de Sothema ne se fait pas par acquisitions agressives ou promesses creuses. Lamia Tazi choisit une approche différente : implantation au Sénégal d'abord, pour comprendre les marchés, les réglementations locales, les attentes des professionnels de santé. Pour une femme dans un secteur dominé historiquement par les hommes, chaque marché conquis est aussi une preuve de légitimité. Elle affronte des obstacles invisibles mais réels : les préjugés sur les capacités de leadership féminin, les réseaux commerciaux traditionnellement masculins, la nécessité de prouver deux fois plus. Mais ces défis deviennent des atouts : une gestion différente, une écoute des besoins locaux, une vision à long terme plutôt que des profits rapides.
Une vision qui inspire toute une génération
Ce que fait Lamia Tazi dépasse largement Sothema. Elle redéfinit ce que peut être une entreprise africaine : productive, innovante, capable de rivaliser avec les géants mondiaux sur son propre continent. Elle montre aux jeunes femmes africaines que les industries lourdes comme la pharmacie ne sont pas des forteresses masculines inaccessibles. Son parcours devient un manuel vivant : comment transformer une crise en opportunité, comment construire à partir des forces locales, comment penser africain sans penser petit. Dans chaque pays où Sothema s'installe, ce n'est pas qu'une usine qui s'ouvre : c'est une promesse que l'Afrique peut produire ce dont elle a besoin, et que les femmes peuvent en être les architectes.