La direction de France 24 a confirmé le licenciement d’Emmanuelle Sodji, correspondante de la chaîne au Bénin depuis dix-huit ans, le 11 septembre 2026. La décision a été prise malgré l’appel du Syndicat national des journalistes CGT à revenir sur cette sanction.
Les faits reprochés
Le licenciement fait suite à la publication, le 18 août, d’un message sur les réseaux sociaux dans lequel Emmanuelle Sodji confirmait l’arrestation et l’identité de deux journalistes français détenus au Togo : Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, réalisateurs travaillant pour la société Tony Comiti sur l’émission Les Routes de l’impossible.
La direction de France 24 reproche à sa correspondante d’avoir diffusé ces noms en première, avant qu’une consigne éditoriale demandant de ne pas révéler les identités ne soit transmise à la rédaction.
Une sanction contestée par la CGT
Le syndicat dénonce une sanction injuste et disproportionnée. Selon le communiqué du SNJ-CGT, la Haute Autorité togolaise de régulation des médias (HARC) a elle-même confirmé, le 19 août, que l’information circulait déjà « depuis mardi 18 août » dans plusieurs médias et sur les réseaux sociaux.
« Emmanuelle Sodji n’a rien révélé que le Togo, dans son propre communiqué, ne reconnaisse comme déjà public », souligne le syndicat.
La CGT précise également qu’une consigne éditoriale demandant de ne pas révéler l’identité des deux journalistes n’a été adressée à l’ensemble de la rédaction de France 24 que le 19 août à 17h33, soit près de 24 heures après la publication du tweet.
Un contexte de tensions avec le Togo
Emmanuelle Sodji avait déjà été écartée de la correspondance de France 24 pour le Togo quelques mois auparavant. RFI et France 24 sont suspendues d’antenne au Togo depuis juin 2025, les autorités togolaises leur reprochant une couverture jugée « inexacte et tendancieuse » des mouvements de contestation contre le pouvoir de Faure Gnassingbé.
Selon le journaliste français Thomas Dietrich, lui-même expulsé du Togo en 2024, les autorités togolaises chercheraient à obtenir la nomination d’un correspondant moins critique à l’égard du pouvoir en place, en échange d’une levée de la suspension de France 24 dans le pays. Un tract syndical interne à la chaîne aurait circulé pour dénoncer une ingérence du pouvoir togolais dans le choix du successeur d’Emmanuelle Sodji.
Le SNJ-CGT demande la suspension immédiate de la décision de licenciement et le maintien d’Emmanuelle Sodji dans ses fonctions de correspondante au Bénin.
À ce jour, ni France 24 ni les autorités togolaises n’ont réagi publiquement à ces informations.