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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
04 Aug 2026 à 12:39
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Le Tchad vient de notifier officiellement son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) à l'ONU. Cette décision brutale donne raison à ceux qui crient depuis longtemps : la justice internationale n'est pas égale pour tous. N'Djamena accuse la CPI de ciblage systématique de l'Afrique, tandis que les grandes puissances restent impunément à l'abri. C'est une fracture qui s'élargit, avec déjà une dizaine de pays africains qui ont quitté ou menacé de quitter cette institution créée pourtant pour protéger les populations des crimes les plus graves.

Une institution perçue comme antiafricaine

Depuis sa création en 2002, la CPI a poursuivi essentiellement des Africains. Sur les 30 dossiers enregistrés, près de 80% visent le continent noir. Les citoyens africains se demandent : où sont les poursuites contre les puissances occidentales pour leurs interventions au Moyen-Orient ? Où sont les décisions contre les dirigeants étrangérs qui soutiennent des régimes oppressifs ? Cette frustration est réelle et justifiée. Elle résonne particulièrement fort dans les communautés africaines de France, de Belgique, du Canada et des États-Unis, où beaucoup se sentent trahis par une justice qui semble avoir deux poids, deux mesures.

L'impact humain : les victimes oubliées

Mais pendant que les gouvernements se chamaillent, ce sont les victimes qui souffrent. Les femmes violées lors des conflits armés, les enfants-soldats traumatisés, les familles déplacées... tous attendent une justice qui ne vient pas. Le retrait du Tchad signifie que les crimes commis dans ce pays resteront impunis. C'est un signal désastéreux pour celles et ceux qui espéraient que la communauté internationale protègerait enfin les plus vulnérables. La diaspora africaine, elle, regarde cette scène avec amertume : comment pouvez-vous demander aux gens de croire en la justice quand les institutions elles-mêmes s'écroulent ?

Vers une nouvelle architecture de la justice ?

Cette crise ouvre un vrai débat : faut-il repenser entièrement la CPI ou créer une alternative africaine, plus légitime et représentative ? Certains intellectuels de la diaspora proposent une Cour africaine des droits de l'homme renforcée. D'autres réclament une réforme en profondeur de la CPI, avec plus de représentants africains dans ses instances. Une chose est sûre : sans changement majeur, la fracture s'élargira. L'Afrique veut une justice qui la respecte, pas une qui la juge unilaté­ralement.

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