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Bref S.,
18 Sep 2026 à 10:15

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont confirmé, jeudi 10 septembre 2026, avoir été la cible d'une attaque « complexe » menée par des groupes armés terroristes dans le secteur de Dioura, région de Mopti, au centre du Mali. Le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda, a rapidement revendiqué le « contrôle total » de la caserne avant de se retirer, une affirmation que l'armée malienne conteste en invoquant une riposte « aéroterrestre » en cours.

Des versions divergentes sur le bilan

Selon le communiqué du JNIM, l'attaque a entraîné la neutralisation de 150 soldats maliens, dont deux officiers (un colonel et un capitaine), la capture de 93 autres, ainsi que la destruction de 15 véhicules militaires et de plus de 100 motos. Le groupe affirme également avoir saisi six véhicules, dix motos, plusieurs armes lourdes et une importante quantité de munitions.

Ces chiffres n'ont pas été vérifiés de manière indépendante. Des sources sécuritaires et locales citées par l'AFP et RFI font état d'un bilan nettement inférieur, évoquant au moins 50 soldats maliens tués et plusieurs dizaines de prisonniers. D'autres sources évoquent des pertes comprises entre 60 et 80 militaires. Cinq paramilitaires de l'Africa Corps russe figurent également parmi les morts selon plusieurs sources concordantes.

L'armée malienne, de son côté, revendique avoir « neutralisé plusieurs dizaines de terroristes » et détruit de nombreux véhicules et motos lors d'opérations de riposte, sans communiquer de bilan humain dans ses propres rangs.

Un mode opératoire désormais éprouvé

L'attaque de Dioura s'inscrit dans une série d'offensives menées par le JNIM depuis fin avril 2026, souvent en coordination avec le Front de libération de l'Azawad (FLA). Ces opérations visent à affaiblir les autorités de transition maliennes et à démontrer l'incapacité de l'armée à sécuriser le territoire.

Le camp de Dioura, l'un des plus importants du centre du Mali, avait déjà été la cible d'une attaque meurtrière en mai 2025, qui avait coûté la vie à une quarantaine de soldats. Sa position stratégique, sur un axe reliant Ségou à Tombouctou, en fait un point logistique clé pour les opérations militaires dans la région. Plusieurs jours après l'attaque, le camp de Dioura était toujours abandonné par l'armée malienne, selon les informations de TV5MONDE, malgré les déclarations officielles faisant état d'opérations de « recherche et neutralisation » des assaillants dans le secteur.

Les revendications du JNIM, si elles étaient confirmées, constitueraient l'une des pertes les plus lourdes subies par l'armée malienne depuis le début du conflit. Mais l'écart considérable entre les chiffres avancés par le groupe jihadiste et ceux rapportés par les sources indépendantes illustre l'opacité qui entoure systématiquement les bilans des affrontements au Mali.

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