Le 18 septembre 2020, les États-Unis perdaient l’une des figures les plus connues de leur histoire judiciaire récente. Ruth Bader Ginsburg, née à Brooklyn le 15 mars 1933, est morte à l’âge de 87 ans alors qu’elle siégeait encore à la Cour suprême. Nommée par le président Bill Clinton en 1993, elle était devenue la deuxième femme de l’histoire à rejoindre la plus haute juridiction américaine, après Sandra Day O’Connor. Elle y a servi pendant plus de 27 ans, après avoir auparavant enseigné le droit et exercé comme juge à la cour d’appel fédérale de Washington.
Avant même son arrivée à la Cour suprême, Ginsburg s’était imposée dans les combats juridiques liés à l’égalité entre les femmes et les hommes. En 1971, elle participe à la création du Women’s Rights Project de l’ACLU, puis en devient l’avocate générale. Elle plaide plusieurs affaires devant la Cour suprême et contribue à faire évoluer l’interprétation juridique de la discrimination fondée sur le sexe. Son parcours universitaire est également remarquable : elle a enseigné à Rutgers puis à Columbia, où elle devient la première femme professeure titulaire de cette faculté de droit.
Cinq ans après sa disparition, son nom reste associé à une période importante de l’histoire de la justice américaine. Ses décisions, ses opinions dissidentes et son travail d’avocate avant son arrivée à la Cour suprême continuent d’être étudiés par les juristes et les étudiants en droit. Au-delà de ses positions sur les grands dossiers de son époque, son parcours raconte aussi l'évolution de la place des femmes dans la profession juridique américaine : d’étudiante confrontée aux obstacles de son époque à professeure, avocate, juge fédérale puis membre de la Cour suprême. Une trajectoire qui a fait de Ruth Bader Ginsburg une figure historique de la justice américaine.