La France et l'Espagne ne s'affronteront pas seulement sur le terrain mardi. Mariano Rajoy, ancien Premier ministre espagnol et président du Parti populaire de 2004 à 2018, a mis le feu à la demi-finale avant même qu'elle ne commence. Dans une tribune publiée samedi dans le quotidien El Debate, il a analysé l'équipe de France avec une petite phrase qui a tout déclenché : "Son effectif est de très haut niveau. Et ce, sans Français."
L'ambassade de France à Madrid a répondu avec les faits : "Tous les joueurs de l'équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l'étranger sont également français." La réponse la plus cinglante est venue de l'autre côté de l'Atlantique politique espagnol, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez s'en est pris publiquement à son prédécesseur conservateur sur X : "Il y en a qui mesurent encore l'appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau. D'autres la mesurent par l'attachement à un pays et la volonté d'y contribuer. Que le meilleur gagne et que le racisme perde."
En France, la classe politique a réagi avec unanimité. Le ministre des Transports espagnol Oscar Puente a qualifié Rajoy d'"idiot post-franquiste". La ministre française Aurore Bergé a dénoncé des "dérapages racistes répétés". Et dans ce Mondial déjà marqué par l'affaire Amarilla contre Mbappé, les propos de Rajoy s'inscrivent dans une tendance préoccupante : le racisme s'invite sur la plus grande scène du football mondial, porté non pas par des anonymes sur les réseaux, mais par d'anciens chefs d'État.
La France a remporté tous ses matchs dans cette Coupe du monde et occupe la première place du classement FIFA. Mardi, les Bleus répondront sur le terrain. Et Mbappé, Dembélé, Camavinga et leurs coéquipiers, tous français n'ont pas besoin d'un ancien Premier ministre espagnol pour le prouver.