La guerre est désormais ouverte et elle ne se limite plus à un simple appel à la démission. L'UEFA passe à la vitesse supérieure contre Gianni Infantino, avec une stratégie qui pourrait redessiner l'architecture du football mondial pour les décennies à venir.
La motion de censure, une arme prête à être dégainée
Selon le Telegraph, l'UEFA envisagerait une motion de censure si Infantino refuse de quitter ses fonctions, sur fond de désaccord autour de la gouvernance de la FIFA et des droits commerciaux du football mondial. Čeferin est prêt à mener formellement une telle procédure si l'administratif suisse-italien refuse de se retirer. Une telle démarche nécessiterait le soutien de 43 associations membres pour déclencher un vote d'urgence. Beaucoup, au sein de l'establishment européen, y voient une voie plus viable que le boycott des compétitions FIFA.
La position de l'UEFA est sans équivoque : elle n'acceptera rien de moins que le départ immédiat d'Infantino, ou son retrait de la course présidentielle prévue pour le 77e Congrès FIFA à Rabat, au Maroc, en mars prochain.
Une révolution institutionnelle en gestation
Au-delà du départ d'Infantino, c'est toute la structure de la FIFA que l'UEFA entend faire exploser. L'UEFA explore une refonte fondamentale de la présidence elle-même. Une proposition envisage une rotation du poste parmi les confédérations continentales, à l'image de modèles utilisés par des institutions multinationales comme l'Union Européenne. Une autre option à l'étude consisterait à supprimer totalement le titre de président, le remplaçant par un président du conseil d'administration soutenu par plusieurs vice-présidents, afin de renforcer la surveillance institutionnelle.
L'idée d'une séparation des trois branches de la FIFA circule également : celle qui régule le football mondial, celle qui gère le volet commercial, et celle qui organise les événements. Un plus grand pouvoir serait également accordé aux clubs, aujourd'hui relégués au statut de simples observateurs au sein de l'institution.
Un rapport de force qui s'est durci
L'UEFA accuse également Infantino de ne pas avoir tenu ses promesses de transparence et de ne pas utiliser les importantes réserves financières de la FIFA au profit du développement du football mondial. La Fédération anglaise a publiquement soutenu la position de l'UEFA, tandis que la Concacaf puis l'AFC se sont également opposées au projet, privant Infantino de la majorité nécessaire parmi les 211 fédérations membres.
Une question reste entière : qui pour remplacer Infantino ? Pour l'instant, aucun candidat ne s'est déclaré. Mais dans les couloirs du football mondial, tout le monde a désormais compris que le statu quo n'est plus tenable. La révolution est en marche.