La Tunisie n'en finit plus de faire parler d'elle pour les mauvaises raisons. Après un Mondial catastrophique, coach viré en pleine compétition, trois défaites, zéro but marqué à partir du deuxième match, une nouvelle bombe éclate : le Daily Mail révèle que huit joueurs tunisiens ont été testés positifs lors de contrôles antidopage pendant la compétition, avec des traces de clenbutérol détectées dans leurs organismes.
La substance est sérieuse. Le clenbutérol est un puissant anabolisant utilisé pour développer la masse musculaire, qui figure sur la liste des produits interdits de l'Agence mondiale antidopage. Mais la conclusion des enquêteurs va dans un tout autre sens que le dopage délibéré. Les autorités ont rapidement privilégié la thèse d'une contamination alimentaire : les premiers éléments de l'enquête indiqueraient que la viande consommée par la sélection dans son camp de base au Mexique serait à l'origine de la présence de clenbutérol dans les organismes des joueurs.
Dans certains pays, dont le Mexique, cette substance est encore utilisée comme stimulateur de croissance pour le bétail, provoquant régulièrement des cas de contamination involontaire. Le précédent est bien documenté : lors de la Gold Cup 2011, cinq internationaux mexicains avaient eux aussi été contrôlés positifs au clenbutérol avant d'être totalement blanchis. la Fédération mexicaine et l'AMA ayant reconnu que les contrôles positifs provenaient bien d'une viande contaminée. La Tunisie devrait donc éviter toute sanction disciplinaire de la FIFA.
La Fédération tunisienne, contactée par le Daily Mail, n'a pas souhaité réagir. Un silence qui dit beaucoup sur l'état d'un football tunisien au bord du gouffre institutionnel. Les résultats des contrôles, rendus publics tout au long du tournoi, auraient sans doute eu un impact certain sur une sélection déjà en pleine crise. Un Mondial à oublier mais qui refuse de partir.