Deux légendes, un fauteuil, et quatorze ans de tensions soigneusement dissimulées. Alors que Zinedine Zidane s'apprête à succéder officiellement à Didier Deschamps comme sélectionneur de l'équipe de France après la petite finale du Mondial 2026 perdue face à l'Angleterre (4-6), L'Équipe lève le voile sur la relation complexe entre les deux héros de 1998.
La véritable fracture remonte à 2012, au moment de la nomination de Deschamps à la tête des Bleus. Noël Le Graët aurait décidé de miser sur l'ex-entraîneur de l'OM alors que Laurent Blanc était toujours en poste, un timing qui n'a pas été du goût de certains membres de France 98, dont Zinedine Zidane, qui avaient estimé que "le Président" avait été trahi par son ancien coéquipier. Didier Deschamps a toujours fermement nié ces accusations.
Selon le journaliste Philippe Sanfourche, dès 2012, quand Laurent Blanc s'en allait et que les discussions avec Didier Deschamps avaient commencé, Zidane espérait déjà prendre les rênes de l'équipe de France. Il s'était même présenté spontanément à la FFF mais Noël Le Graët avait choisi Deschamps. Le président de la FFF a lui-même reconnu dans un livre qu'il avait refusé l'approche de Zidane pour remplacer Laurent Blanc.
Malgré ces tensions, les deux hommes n'ont jamais rompu totalement. Comme l'analyse le journaliste Sanfourche : "Il y a une sorte de concurrence. Vous avez affaire à deux joueurs qui ont été pour l'un le capitaine de l'équipe de France championne du monde et pour l'autre la star iconique de cette équipe. Ce sont les deux grands hommes forts du football français." Deschamps lui-même avait publiquement exprimé, au fil des années, son souhait de voir Zidane lui succéder un jour. Ce jour est arrivé. La boucle est bouclée et le fauteuil attendait Zizou depuis 14 ans.