Event
Bref S.,
04 Sep 2026 à 09:11

Figure reconnue de la presse nigérienne, Moussa Kaka, directeur de la Radio Télévision Saraounia, est porté disparu depuis le 31 août. Sa disparition intervient dans un climat de fortes tensions politiques et sécuritaires, deux jours seulement après une tentative de mutinerie à Niamey .

Disparition dans des circonstances inquiétantes

Selon les informations communiquées par Reporters sans frontières (RSF), Moussa Kaka a quitté son bureau à Niamey le 31 août vers 19 heures pour regagner son domicile. Il n'y est jamais arrivé . Depuis, ni ses collègues ni sa famille n'ont réussi à le joindre . Son véhicule serait également introuvable .

Fondateur de la radio Saraounia en 1999, Moussa Kaka avait obtenu une fréquence télévisée pour son groupe en 2011, faisant de RTS l'un des acteurs médiatiques reconnus du pays . Ancien correspondant de Radio France Internationale jusqu'en 2023, il est une figure respectée du journalisme nigérien, bien au-delà des frontières de son pays .

Un contexte marqué par les tensions politiques

La disparition de Moussa Kaka survient dans un climat particulièrement tendu, quelques jours seulement après la tentative avortée de mutinerie du 29 août à Niamey, qui a visé plusieurs sites stratégiques, dont le palais présidentiel et la base aérienne 101 . Les autorités nigériennes, qui ont réprimé ce mouvement avec l'appui des forces russes de l'Africa Corps, ont depuis procédé à des arrestations .

« La disparition de Moussa Kaka, journaliste de renom, est particulièrement préoccupante, alors que le Niger traverse une nouvelle période de fortes tensions politiques et sécuritaires », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, qui appelle les autorités nigériennes à ouvrir immédiatement une enquête pour retrouver le journaliste .

Une arrestation déjà en octobre 2025

Ce n'est pas la première fois que Moussa Kaka se trouve confronté aux autorités. En octobre 2025, il avait été interpellé aux côtés de plusieurs autres journalistes après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d'une invitation à une conférence de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), une structure créée par le régime en place .

Poursuivi pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l'ordre public » sur le fondement de la loi sur la cybercriminalité, il avait été placé en détention puis remis en liberté provisoire après le versement d'une caution . Le dernier journaliste encore détenu dans cette affaire avait été libéré le 28 août, soit trois jours avant la disparition de Moussa Kaka .

Moussa Kaka avait également été incarcéré en 2007-2008, accusé de « complicité de complot contre l'autorité de l'État » pour avoir échangé avec des membres de la rébellion touarègue .

Une liberté de la presse sous pression au Niger

Cette disparition ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, où la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani multiplie les restrictions contre les médias . Le régime a suspendu plusieurs médias français, dont RFI et France 24, et a renforcé le contrôle sur la presse indépendante . Un journaliste nigérien, cité par Human Rights Watch, a confié que dans le Niger d'aujourd'hui, « on pourrait disparaître à cause de ses opinions » .

Les autorités nigériennes n'ont, à ce stade, pas officiellement réagi à la disparition de Moussa Kaka . L'ONG RSF suit la situation avec attention et exige que les autorités révèlent son sort et garantissent sa sécurité .

Login with Social Media or Manually

or

Or sign in manually: