Pendant que le monde célèbre son Mondial, Gaza enterre ses footballeurs. Saleem Khader Al-Ashqar, gardien de but du Khadamat Khan Younis, a été tué le 29 juin par des tirs de l'armée israélienne dans la ville d'Al-Qarara, au nord-est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Il avait 32 ans.
Au cours de sa carrière, Salim Al-Ashqar a porté les couleurs du Khadamat Khan Younes, ainsi que des clubs d'Al-Aqsa et d'Al-Masdar. Mais c'est sa vie personnelle qui rend sa disparition particulièrement déchirante : marié depuis seulement cinq mois, il attendait la naissance de son premier enfant. Il était également le seul garçon d'une fratrie de sept sœurs. Une femme enceinte, sept sœurs, et un vide que rien ne comblera.
Sa mort porte à 1 009 le nombre de sportifs palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023, dont 567 membres de la communauté du football, selon les autorités sportives palestiniennes. 567 footballeurs. Des gardiens, des attaquants, des entraîneurs, des arbitres, des hommes qui n'avaient pour arme que leurs crampons.
Le monde du football est en ébullition autour du Mondial 2026. Des milliards de téléspectateurs, des millions de billets vendus, des centaines de millions de dollars brassés. Et à 10 000 kilomètres des stades américains, un gardien de but de 32 ans tombe sous les balles, laissant derrière lui une femme enceinte qui n'aura plus jamais à côté d'elle l'homme qu'elle a épousé il y a cinq mois. Repose en paix, Saleem.