Un adolescent ghanéen de 15 ans, arrivé aux États-Unis il y a tout juste un an pour rejoindre son père, a été tué par balle jeudi matin alors qu'il se rendait à l'école dans le Bronx. Son père, qui soupçonne un lien avec des brimades subies à l'école, réclame justice.
Les faits
Javits Frimpong, 15 ans, marchait vers son école, la DreamYard Preparatory School, lorsqu'il a été pris pour cible jeudi 29 octobre vers 9h25, à l'angle de East 171st Street et Crotona Place, dans le quartier de Claremont. Selon la police new-yorkaise, il a été touché à l'abdomen. Les enquêteurs recherchent trois suspects âgés de 16 à 18 ans, vêtus de noir et portant des masques chirurgicaux bleus, qui ont été vus fuyant vers Crotona Park.
Les images de vidéosurveillance montrent la victime courant environ un pâté de maisons après avoir été touchée, avant de s'effondrer . Des témoins ont décrit un jeune homme ensanglanté, perdant et reprenant conscience, tandis que des passants tentaient de comprimer sa blessure. Transporté à l'hôpital St. Barnabas dans un véhicule de police, il est décédé peu après.
Le spectre du harcèlement scolaire
Thomas Frimpong, le père de la victime, âgé de 60 ans et chauffeur de taxi jaune, a déclaré aux médias que son fils était harcelé à l'école. Selon lui, le directeur de l'établissement l'avait contacté trois jours avant le drame pour l'informer que deux élèves avaient été suspendus une semaine pour avoir ciblé Javits.
Le père a raconté que son fils lui avait finalement confié : « Papa, chaque fois que je vais à la cantine, ce type continue de me harceler. J'ai signalé plusieurs fois » . Le directeur aurait précisé que Javits n'était pas l'agresseur dans l'incident récent, mais qu'il s'était défendu.
Un an aux États-Unis
Javits Frimpong était arrivé du Ghana exactement un an avant sa mort pour vivre avec son père à New York, dans l'espoir d'une vie meilleure. Sa mère était restée au Ghana . Son père le décrit comme un garçon « très calme, très intelligent », qui rêvait de devenir médecin et passait l'essentiel de son temps à la maison, sur son téléphone.
« Mon fils était précieux, très intelligent », a-t-il confié, en larmes. « Ce n'est pas facile. Il est mon tout. Je suis ici seul avec lui ».
Réactions et appel à la justice
Le père de la victime a lancé un appel aux suspects : « Je leur dirai de se rendre à la police. Je ne pense pas qu'ils s'en sortiront après avoir tué un enfant innocent ». Il a également réclamé « une très haute justice » pour son fils.
Dans le quartier, la colère et l'incompréhension dominaient. « C'est dévastateur. J'ai un fils de 9 ans. C'est triste », a réagi une voisine. Un habitant a interpellé le maire de New York : « Nos enfants ont besoin de programmes parascolaires, de programmes pour les garder hors de la rue. Trop de temps libre entre les mains d'un jeune homme, ça signifie des ennuis ».
Enquête en cours
Aucune arrestation n'avait été effectuée au moment des derniers reportages. La police n'a pas confirmé le mobile de la fusillade, qui reste sous enquête . Le département de l'Éducation de la ville de New York n'avait pas répondu aux sollicitations des médias concernant les accusations de harcèlement.
Un garçon discret, arrivé du Ghana avec l'espoir d'une vie meilleure, est mort sur le trajet de l'école. Son père veut comprendre comment une affaire de brimades scolaires a pu se terminer par une balle dans l'abdomen.