Une enquête de Forbidden Stories et de ses partenaires met en lumière l’ampleur d’une pratique peu connue de la politique migratoire américaine. Au 31 août 2026, 25 447 personnes avaient été envoyées des États-Unis vers des pays tiers, selon les données recueillies dans le cadre de l’enquête. Au lieu d’être systématiquement renvoyées vers leur pays d’origine, ces personnes peuvent être transférées vers d’autres États ayant conclu des accords avec Washington. Le dispositif concerne 35 pays, dont plusieurs pays africains, faisant de ces territoires des destinations pour des personnes qui n’y ont parfois aucun lien direct.
Cette politique touche des profils et des nationalités très différents. Des enquêtes menées par plusieurs médias ont notamment documenté des personnes envoyées vers des pays africains comme le Cameroun, le Rwanda, la Sierra Leone ou la République centrafricaine. Dans certains cas, les personnes concernées avaient vécu plusieurs années aux États-Unis avant leur expulsion. Forbidden Stories rapporte également que la majorité des personnes concernées ont été envoyées vers le Mexique, tandis que d’autres ont été réparties entre plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et du Pacifique. Ces opérations reposent sur des accords diplomatiques dont les modalités peuvent varier selon les pays.
Pour les pays africains concernés, ces arrivées posent des questions sur l’accueil, le statut juridique des personnes expulsées et les conditions dans lesquelles les transferts sont organisés. Pour Washington, le recours à des pays tiers constitue une nouvelle dimension de sa politique d’éloignement des personnes visées par les procédures migratoires américaines. Pour les diasporas africaines présentes aux États-Unis, cette évolution mérite donc une attention particulière, même si ses conséquences dépendent de la situation juridique et du parcours de chaque personne. L’enquête de Forbidden Stories met en tout cas en évidence un phénomène qui dépasse désormais la simple logique du retour vers le pays d’origine.