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Bref S.,
06 Nov 2026 à 06:47

Le président paraguayen Santiago Peña a annoncé sa démission le jeudi 5 novembre 2026, alors que la Chambre des députés venait d'approuver à l'unanimité l'ouverture d'une procédure de destitution à son encontre. Cette décision intervient après l'effondrement d'Ueno Bank, qui a gelé les comptes de près de 3 millions de clients et plongé le pays dans une grave crise politique et financière.

L'effondrement d'Ueno Bank, point de départ de la crise

La Banque centrale du Paraguay a ordonné le 2 novembre la mise en résolution d'Ueno Bank, la plus grande banque numérique du pays, après avoir constaté que son ratio de solvabilité était tombé sous la moitié du minimum requis. L'établissement comptait environ 2,9 à 3 millions de clients, soit près de 60 % de la population adulte, et gérait environ 850 millions de dollars de fonds publics, dont une large part provenait de l'Institut de prévoyance sociale (IPS).

 Les liens de Peña avec la banque au cœur des accusations

Santiago Peña a été actionnaire d'Ueno Holding, la structure contrôlant la banque, jusqu'en mars 2025, soit durant les 19 premiers mois de son mandat . Il a également nommé Carlos Carvallo, ancien dirigeant d'Ueno Bank, à la tête de la Banque centrale en 2023, une décision qualifiée de conflit d'intérêts par l'opposition . Carvallo a démissionné après l'effondrement de la banque . La procédure de destitution reprochait également à Peña d'avoir permis la concentration de fonds publics de l'IPS au-delà des limites légales.

Une pression politique devenue insoutenable

Le Parti Colorado, formation de Peña, a officiellement retiré son soutien au président en pleine crise . La Chambre des députés a voté l'ouverture de la procédure de destitution par 78 voix contre zéro lors d'une session extraordinaire, tandis que Peña annonçait sa démission dans une vidéo publiée sur X.

Dans son allocution, Peña a déclaré : « J'ai pris la décision de présenter ma démission à la présidence de la République. Je le fais en pensant à la stabilité de notre pays, à la paix sociale et à la nécessité de préserver nos institutions démocratiques » . Il a également présenté ses excuses au peuple paraguayen « si à un moment donné j'ai failli».

 La suite institutionnelle

Le vice-président Pedro Alliana doit assumer la présidence . La procédure de destitution se poursuit néanmoins au Sénat, qui doit se prononcer sur la culpabilité de Peña. Cette distinction est importante : une destitution par le Parlement priverait l'ancien président de son siège de sénateur à vie, un droit dont bénéficient normalement les anciens chefs d'État paraguayens.

Un homme d'affaires devenu président, rattrapé par la banque qu'il avait contribué à faire prospérer. La démission de Peña met fin à un mandat de deux ans et demi, mais ne règle pas la question qui a mis le pays à genoux : les 3 millions de Paraguayens privés d'accès à leur argent.

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