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Bref S.,
07 Nov 2026 à 08:25

Face à l'expulsion massive de ses ressortissants orpailleurs de Guinée, le Burkina Faso a dépêché une délégation ministérielle à Bamako pour organiser leur rapatriement « dans la dignité et la décence », tout en dénonçant les conditions brutales de l'opération et le manque de concertation avec Conakry.

 Une expulsion massive et non annoncée

La crise a éclaté après la décision de la Guinée, le 2 novembre 2026, d'interdire l'orpaillage artisanal dans la région de Siguiri, dans le nord-est du pays, afin de lutter contre la dégradation environnementale et l'exploitation illégale . Des forces de sécurité ont été déployées, entraînant le refoulement de plusieurs milliers de ressortissants étrangers, dont des Burkinabè.

Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a affirmé que ni les autorités burkinabè ni maliennes n'avaient été informées à l'avance de cette opération, ce qui n'a pas permis d'anticiper la crise humanitaire . Il a également rapporté des témoignages de blessés, parfois par balles, dénonçant des « traitements cruels, inhumains et dégradants ».

 Une mobilisation régionale pour le retour

Mandaté par le président Ibrahim Traoré, le ministre Sana s'est rendu à Bamako le 4 novembre pour rencontrer son homologue malien, le général Daoud Aly Mohammedine . Les deux pays, membres de la Confédération des États du Sahel (AES), ont coordonné leurs efforts pour l'accueil et le transit des réfugiés.

Le Mali a activé son Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) pour fournir une assistance médicale, des vivres et sécuriser les itinéraires vers Bamako. Le ministre burkinabè a salué « l'hospitalité légendaire » du peuple malien.

 Un dispositif de rapatriement d'envergure

Pour organiser le retour, le Burkina Faso a mobilisé une centaine de bus, dont 50 étaient déjà en route vers le territoire malien au moment de l'annonce. Des sites d'accueil ont été identifiés au Burkina pour faciliter la réintégration des familles. La compagnie de transport STAF a également annoncé la mise à disposition d'une vingtaine de bus.

Le nombre exact de personnes concernées reste flou : les autorités burkinabè évoquent plusieurs milliers de ressortissants, tandis qu'un recensement approximatif fait état de plus de 8 000 Burkinabè affectés, et quatre décès ont été signalés.

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