Depuis le 15 juillet, l’est de Johannesburg est confronté à une série de découvertes macabres. Neuf femmes ont été retrouvées mortes dans différentes zones de l’Ekurhuleni, faisant naître la crainte qu’un ou plusieurs meurtriers puissent être responsables de cette succession de décès. Les premières affaires avaient été découvertes à Kempton Park, avant que d’autres corps ne soient retrouvés dans les environs d’Olifantsfontein, Clayville et KwaThema. Certaines victimes ont été retrouvées partiellement dévêtues et présentaient des blessures, des éléments qui ont poussé les enquêteurs à examiner d'éventuels liens entre les dossiers.
La police sud-africaine reste toutefois prudente : aucun tueur en série n’a été officiellement identifié et les autorités n’ont pas encore établi que les neuf affaires ont été commises par la même personne ou le même groupe. Une équipe multidisciplinaire réunissant enquêteurs, spécialistes médico-légaux, services de renseignement et unités spécialisées travaille désormais sur les différents dossiers. Les autorités ont également proposé une récompense de 400 000 rands pour toute information susceptible de conduire à une arrestation. Le président Cyril Ramaphosa a demandé que ces enquêtes soient traitées comme une priorité.
Cette affaire intervient dans un pays déjà confronté à une grave crise de violences faites aux femmes. Les autorités sud-africaines indiquent qu’en moyenne une femme est tuée toutes les trois heures, tandis que les associations dénoncent depuis des années l’ampleur des féminicides et des violences de genre. La découverte successive de ces neuf corps ravive donc une question plus large : comment mieux protéger les femmes dans un pays où la peur accompagne encore trop souvent leurs déplacements quotidiens ? Pour les familles des victimes comme pour les habitants de l’Ekurhuleni, l’urgence est désormais de connaître la vérité, d’identifier les responsables et d’éviter que d’autres femmes ne deviennent les prochaines victimes.