Une onde de choc secoue le Ghana après l'arrestation de Jessica Hartog, 34 ans, propriétaire d'un institut de beauté à Accra. La jeune femme comparaît devant la Haute Cour d'Accra dans une affaire portant sur près de 4 tonnes de cocaïne saisies à Dunkerque, en France, d'une valeur estimée à plus de 200 millions de dollars. Elle a plaidé non coupable.
Une saisie record à Dunkerque
L'affaire a éclaté au grand jour après la découverte, le 7 septembre 2026, par les douanes françaises, de 167 ballots de cocaïne dissimulés dans des déchets plastiques à l'intérieur d'un conteneur de 40 pieds au port de Dunkerque . Le conteneur, en provenance du Ghana, était initialement destiné au port d'Anvers, en Belgique .
La saisie représente près de 3,9 tonnes de cocaïne, pour une valeur marchande estimée à 225 millions d'euros (environ 260 millions de dollars) . La totalité de la drogue a déjà été détruite par les autorités françaises .
Quatre suspects devant la Haute Cour d'Accra
Quatre personnes ont été arrêtées par la Commission de contrôle des stupéfiants du Ghana (NACOC) et traduites devant la Haute Cour d'Accra le 16 septembre 2026 .
Outre Jessica Hartog, les autres accusés sont :
· Desmond Koranteng Curiel, également connu sous les alias de Paul Kweku Yeboah ou « Biggs », présenté comme le principal suspect et le fiancé de Jessica Hartog
· Musah Attah, alias « Kromo », 47 ans, agriculteur
· Kweku Otchere, 32 ans, homme d'affaires
Un cinquième suspect, le ressortissant néerlandais Jos Leijdekkers, alias « Bolle Jos », est toujours en fuite . Il est présenté comme un trafiquant notoire, recherché pour des infractions graves liées au narcotrafic, et certains des accusés auraient facilité ses activités au Ghana .
La défense de Jessica Hartog
Lors de sa comparution, Jessica Hartog a déclaré être la fiancée de Desmond Koranteng Curiel et avoir ignoré la nature exacte de ses activités professionnelles . Elle a plaidé non coupable, tout comme les trois autres accusés .
Les perquisitions menées lors des arrestations ont permis de saisir trois armes à feu, des munitions, quatre véhicules de luxe, des passeports et diverses sommes d'argent .
Un système de contrôle portuaire mis en cause
L'enquête s'est élargie à dix suspects au total, dont quatre agents de la Ghana Revenue Authority (administration fiscale) . Ces derniers sont accusés d'avoir validé le passage des conteneurs malgré des images de scanner jugées anormales. Selon l'accusation, Frank Adu-Boahen, propriétaire des conteneurs, aurait fourni ses identifiants à d'autres personnes pour analyser les images à sa place, et les anomalies détectées n'ont pas conduit à un examen physique approfondi .
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a reçu un briefing détaillé sur l'affaire et a ordonné la création d'une force opérationnelle inter-agences chargée de renforcer les mesures de détection et de prévention du narcotrafic aux frontières du pays. Un délai de deux semaines a été fixé pour la remise des recommandations .
Une affaire qui secoue le Ghana
L'arrestation d'une figure de la vie nocturne d'Accra, à la tête d'un institut de beauté réputé dans le quartier huppé d'East Legon, a provoqué une onde de choc dans le pays . La Conférence des évêques catholiques du Ghana a publié un communiqué appelant le gouvernement à traiter le fléau de la drogue comme une « urgence nationale » . Selon les signataires du communiqué, les saisies majeures liées au Ghana au cours des deux dernières années dépassent un milliard de dollars en valeur .
Prochaines étapes judiciaires
Les quatre accusés ont été placés en détention provisoire et doivent comparaître à nouveau le 13 octobre 2026 . Les demandes de mise en liberté sous caution ont été rejetées. L'enquête se poursuit pour identifier et arrêter tous les autres individus liés à ce réseau présumé de trafic international.
Jessica Hartog n'a pas été condamnée. Les allegations portées contre elle et les autres accusés restent à démontrer devant la justice.