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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
23 Sep 2026 à 17:45

Au Mali, les drones sont devenus un outil majeur des opérations militaires contre les groupes armés, mais leur utilisation soulève de plus en plus de questions sur la protection des populations civiles. Depuis plusieurs mois, des enquêtes de Human Rights Watch, Bellingcat et d’autres organisations documentent des frappes ayant fait des victimes parmi les habitants. À Guimbé, dans la région de Mopti, une frappe présumée de drone militaire a tué au moins 12 enfants et adolescents le 25 avril 2026. À Tené, le 17 mai, une autre frappe présumée a fait dix morts et dix blessés lors d’un rassemblement organisé à l’occasion d’un mariage. Ces enquêtes ne remettent pas en cause l’existence de groupes armés dans ces zones, mais interrogent la manière dont les cibles sont identifiées et les précautions prises pour éviter les victimes civiles.

La question dépasse désormais les seules forces maliennes. Le rôle de l’Africa Corps, structure contrôlée par le ministère russe de la Défense et qui soutient les autorités maliennes, fait également l’objet d’investigations. Human Rights Watch affirme notamment qu’une frappe aérienne menée le 15 juin dans le village de Kyrnia, dans la région de Mopti, a tué huit civils, dont trois enfants. L’organisation estime que l’attaque pourrait constituer une attaque illégale et demande une enquête. De son côté, le gouvernement malien présente régulièrement ses opérations aériennes comme des actions visant les groupes armés et leurs bases logistiques. En juin et juillet 2026, les autorités maliennes ont ainsi annoncé 307 frappes aériennes dans le cadre de leurs opérations, tout en affirmant avoir neutralisé de nombreux combattants.

Derrière ces opérations militaires se pose donc une question essentielle : comment lutter contre les groupes armés sans exposer davantage les populations civiles ? Les investigations récentes mettent en évidence les difficultés liées à l’identification des cibles, à la chaîne de commandement et à la transparence des opérations. Le Mali affirme poursuivre sa lutte contre les groupes jihadistes qui continuent de menacer plusieurs régions du pays, tandis que les organisations de défense des droits humains demandent davantage d’enquêtes indépendantes sur les frappes ayant fait des victimes civiles. Dans un conflit où les informations restent difficiles à vérifier, la documentation indépendante apparaît comme un élément essentiel pour établir les responsabilités et mesurer le coût humain de la guerre.

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