La saison blanche ne condamne pas. L'histoire du Ballon d'Or le prouve et Kylian Mbappé peut s'en saisir comme d'une arme.
Car les précédents existent, et ils sont éloquents. Gerd Müller remporte le Ballon d'Or 1970 avec 10 buts en Coupe du monde sans jouer la finale et sans titre en club. Luis Figo décroche celui de 2000 malgré l'Euro raté. Cristiano Ronaldo soulève le trophée en 2013 sans le moindre titre collectif. La règle non écrite selon laquelle "pas de trophée = pas de Ballon d'Or" ne résiste pas à l'examen historique.
Avec huit buts inscrits en Coupe du monde 2026, meilleur buteur du tournoi et un parcours jusqu'en demi-finale, Mbappé s'est imposé comme l'un des visages de la compétition. Ses 8 buts et son leadership de chaque instant ont rappelé pourquoi tant d'observateurs le considèrent comme le meilleur joueur du monde. Malgré une saison vierge en club avec le Real Madrid, France 24 souligne que Mbappé a plusieurs arguments solides à présenter au jury de France Football.
La concurrence est toutefois féroce. Lamine Yamal, champion du monde à 19 ans, champion d'Europe en titre, élu homme du match en finale, il coche toutes les cases. Messi, finaliste avec 8 buts et 4 passes décisives à 39 ans, peut briguer un neuvième sacre légendaire. Rodri, moteur de l'Espagne tout au long du tournoi, est également en course.
La vraie question est philosophique : le Ballon d'Or récompense-t-il la meilleure saison, ou le meilleur joueur de l'année civile ? Si c'est la seconde option, Mbappé, meilleur buteur du Mondial, a tout à y gagner. Figo, Müller et Ronaldo l'ont prouvé avant lui. Le onzième Ballon d'Or de sa vie peut encore attendre.