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Bref S.,
06 Jul 2026 à 09:54
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Gianni Infantino a peut-être franchi la ligne de trop. L'affaire Balogun, ce carton rouge "annulé" après un appel direct de Donald Trump à la FIFA ne se referme pas. Elle s'élargit. Et désormais, c'est l'avenir du président de la FIFA lui-même qui est en question.

Deux sources proches du dossier ont confié à l'AFP que Trump avait personnellement appelé Infantino dès le mercredi de l'expulsion pour lui demander de réexaminer le cas Balogun. Le secrétaire d'État Marco Rubio avait, lui, réclamé publiquement l'annulation du carton depuis la Maison Blanche. La commission de discipline de la FIFA a "examiné" le dossier et sorti l'article 27, un texte dont L'Équipe précise qu'aucune trace n'existait dans les archives avant 2019, laissant supposer qu'il a été introduit sous la présidence d'Infantino lui-même. Un couteau suisse juridique disponible quand on en a besoin.

Sepp Blatter, prédécesseur d'Infantino à la tête de la FIFA, a été cinglant : "Les cartons rouges ne peuvent pas être annulés par des appels téléphoniques à caractère politique. Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la FIFA et qu'un joueur est soudainement innocenté avant un match à élimination directe, la question s'impose : Quo vadis, FIFA ? Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique." Venant de Blatter, la leçon a de quoi faire sourire mais elle a de quoi faire réfléchir aussi.

Ce qui se passe désormais en coulisses est plus sérieux encore. Plusieurs membres du board de l'UEFA travaillent depuis plusieurs semaines à l'émergence d'un candidat alternatif pour l'élection à la présidence de la FIFA en 2027. Depuis la décision Balogun, d'autres dirigeants du football mondial, pas seulement européens rejoignent ces discussions en privé, estimant qu'"il n'est plus possible de continuer ainsi". La révolte couve. Reste à savoir si elle débouchera sur quelque chose de concret entre le courage de parler et celui d'agir, les dirigeants du football mondial ont rarement choisi le second.

Trump remercie. Infantino sourit. Et quelque part dans un bureau européen, des gens cherchent encore comment renverser la table.

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